A Vancouver, où j’ai grandi, j’allais à l’école islamique tous les samedis. On nous y apprenait à nous méfier des juifs, qui adorent “mollah” au lieu d’”Allah”, l’argent au lieu de Dieu. L’instituteur nous décrivait tous les juifs comme des affairistes. Pourtant, mon quartier voyait alors proliférer des commerces asiatiques, avec leurs devantures en mandarin, en cantonais, en japonais, en coréen, en hindi, en pendjabi, et même en ourdou, la langue officielle du Pakistan. Mais pas en hébreu. Ce constat m’a fait douter : et si mon école religieuse, au lieu de m’instruire, était en train de m’endoctriner ?
Cette interrogation est ravivée aujourd’hui, alors que le romancier Salman Rushdie, auteur des Versets sataniques, vient d’être fait chevalier par la reine d’Angleterre. Le ministre pakistanais des affaires religieuses a estimé qu’au vu des provocations littéraires de Rushdie et de ses blasphèmes envers l’islam, il n’y avait rien d’étonnant à ce que les musulmans s’offusquent de son anoblissement et manifestent leur colère par des attentats-suicides. Plusieurs membres du gouvernement pakistanais ont répercuté cette condamnation envers le Royaume-Uni, attisant l’indignation des communautés musulmanes en Europe et en Asie.
En tant que musulmane, en effet, je me sens indignée – par l’absurdité de telles réactions. Lisez la suite de cette entrée »














